RECHERCHES

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Voici des années que nous en parlons ! souvent lorsque, repus à l'occasion d'un  excellent repas de famille, le verbe se fait plus haut, les barrières de la retenue tombent. Le verre de champagne à la main, le maître de maison aborde le sujet.
Le silence qui s'en suit devient pesant. Quelques toussotements ponctuent ce moment de réflexion, certains convives puisent dans le fond de leur verre un peu d'inspiration, d'autres rectifient leur position afin de profiter dans le meilleur confort possible de ce moment de délectation, les plus jeunes se regardent un sourire sur les lèvres, indéfinissable, intérêt ou ironie ? bien qu'ils s'en défendent le sujet les intéresse.   
Nous allons parler du secret de famille !
Secret quelque peu éventé. L'une de nos Aïeules, gourgandine, ou bien trompée par un goujat de Dandy ou n'ayant pu, ou su, résister aux Ordres, ( le O majuscule n'étant pas une erreur de frappe ) a fauté !
Nous ! familles respectables, nous sommes tous issus d'une braguette non autorisée, et inconnue.
Mais, .... quel est cette braguette ? et qui de notre Aïeule en a subi les assauts interdits, mais oh combien délicieux .
Etre ou ne pas être ? nous fûmes ! et nous voulons savoir qui nous sommes.
Alors je cherche, je cherche, rat des archives je feuillette à longueur d'après midi de vieux grimoires jaunis.
Avec précaution l'archiviste dépose sur ma table un énorme registre : 
     -  Soyez très prudent il est très usagé 
me dit'il en se retirant, inquiet, à reculons, gardant un oeil soupçonneux sur mes gestes.
Je tiens entre mes mains gantées le Registre des Abandons des Nouveaux Nés. Je tourne les pages. Les Ursule, Amélie, Jeanne, se succédent. Dans la marge de gauche, la mention Père inconnu, ou Père et Mère inconnu, la date de leur arrivée, la date de leur Baptême ;  souvent le lendemain de leur accueil, et pour cause, la dernière colonne est rarement vierge, la dernière colonne qui met un terme définitif à cette courte aventure :
Décédé !!!! le : rarement plus de huit jours après leur arrivée.
Page 137, mon coeur s'emballe, elle est là ! numéro 327, née le 22 Septembre 1874, mise en nourrice à St.Ybars, dans l'Ariège, à la campagne. Sur la page 137, vingt cinq  noms figurent, la dernière colonne est remplie vingt trois fois ! 
Je m'appuie sur le dossier de  ma chaise, aspire une grande goulée d'air, 
referme doucement le dossier H dépôt 1 Q 67.
Merci Marie Clémentine de vous être accrochée à la vie !
 

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