Samedi 4 décembre 2010 6 04 /12 /Déc /2010 11:15

4430255224_729480f424.jpgAlors que la grande messe du Telethon balbutiait, un de mes amis journaliste titrait le plus irrévérencieusement du monde : 

 

" Téléthon ... Tele  Con ! "

 

Stupéfaction, réprobation dans le landerneau couvert par ce Média.

Bien que cette maxime m'ait  beaucoup amusé je n'adhérais pas complètement à ce coup de gueule, quoique .......!

Chaque année, dés l'annonce de cette quête nationale je zappe les chaînes concernées et me remémore ce titre sulfureux.

Pourtant, à mon corps défendant depuis deux ou trois ans je participe à une marche de nuit dans le brouillard et le froid, convaincu que cet exercice n'a pour seul but  que de nous faire attraper une maladie, orpheline de préférence, cette situation lui imposant l'adoption d'une famille. 

Heureusement la résistance s'organise et durant ce périple, sous le manteau,  à l'image des Templiers assistant les Pèlerins, un groupe d'âmes généreuses nous proposent du vin chaud au rhum, bien que les proportions du mélange mériteraient  l'appellation inverse. Une soupe au fromage roborative complète ce traitement qui m'a permis jusqu'à ce jour de ne point accueillir d'orpheline. 

Donc ! courbé sous les giboulées, ne levant la tête que pour évaluer la distance qui me sépare de la fin du calvaire, je pense .........!

Téléthon : tele con ! .... téléthon : tele con ! .....téléthon : tele con ! .....

Par moment je me fustige devant de telles pensées,  j'essaie  de me motiver  pensant à ces petits enfants malades que l'on nous jettent  en pâture sans vergogne pour délier notre bourse le plus généreusement possible. Je commence à culpabiliser, je n'ai jamais rien donné au téléthon, et si je marche c'est pour faire bonne figure devant mes amis et surtout pour le vin chaud et la soupe au fromage.

Le froid, la fatigue, les kilomètres aidant je commence à envisager d'adopter une attitude plus citoyenne et même de donner deux euros pour augmenter la cagnotte. 

Les templiers sont là ! ils me tendent un gobelet, je hume avec délice l'odeur du nectar, le liquide brûlant me réchauffe la gargamelle, mon esprit se désembue ! tout au fond de mon cerveau, réveillée, une petite voix m'apostrophe :

     -    Mais t'es pas un peu con ? réfléchie deux secondes : les laboratoires, c'est avec ton pognon qu'ils financent leurs recherches, et quant grâce à toi ils trouvent un nouveau médicament susceptible de soigner la maladie que tu as chopé en marchant pour les orphelines, ils te le vendent, font de gros bénéfices. Ils ne partagent pas les gorets, ils se goinfrent  !

Ce n'est pas tout, les télés vendent des espaces publicitaires très chers vu l'audience. Ils ne partagent pas les gorets, ils se goinfrent  ! .

Les artistes, pour l'occasion ne négligent pas leur cachets, qui n'ont rien de thérapeutiques. Ils  ne partagent pas les gorets, ils se goinfrent  ! 

La petite fille malade exhibée pour l'occasion retournera courageusement sur son lit d'hôpital sans imaginer que si les gorets arrêtaient de se goinfrer elle guerirait plus vite.

Je tends la main vers les Templiers de service, ingurgite un deuxième " rhum au vin chaud" et décide de donner tout de même quelque chose pour tous ces malades qui espèrent.

Le journaliste de mes amis s'est trompé, le Téléthon est une bonne chose, mais c'est sans compter avec les gorets qui se goinfrent !

Téléthon c'est bon ! .......Tele con ...?  pas tant que celà.

Par L'OIE DECHAINEE
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Mardi 5 octobre 2010 2 05 /10 /Oct /2010 16:12

Allez les oisillons, a vos calculettes ! Kerviel  vient d'être condamné à cinq ans de prison et au remboursement de quatre milliards et demi d'euros.

Aujourd'hui, il gagne 2300 € PAR MOIS (Chiffre exact ) si il consacre tout son salaire au remboursement de sa dette il lui faudra atteindre l'age respectacle de 160 000 Ans tout en travaillant ! Hein ? c'est autre chose que la retraite à 67 ans cette affaire.

Mais, peut-on travailler sans manger ? bien sur que non, et la Socièté Génèrale n'aurait aucune chance de revoir le moindre copec . Aussi, pour permettre au créancier de vivre et de rembourser, la loi prévoit une quotité insaisissable des revenus. Dans le cas qui nous interesse il ne peut être saisi à ce malheureux que 1037 € par mois !

A vos calculs :  oui! oui! c'est bien celà ........365 000 ANS !

Je conseillerai à cette banque à qui Kerviel à fait gagner des milliards avant de dijoncter de le réembaucher. Avec un peu de chance il leur rempliera à nouveau les caisses.

Maintenant une autre interrogation.

Dans le droit du travail un employeur n'a pas le droit de faire supporter financièrement à un employé les pertes subies par sa négligence, son incompétence.

Que fait Kerviel ? Un mauvais placement. Par peur de se faire jeter il cache sa mauvaise opération et tâche de rattraper le coup. Il NE TOUCHE PAS UN CENTIME SUR CES SOMMES.

Le pot aux roses est découvert ! Le licenciement pour faute grave est avéré .

Qu'a t-il fait de plus qu'un ouvrier bousillant des pièces et les cachant dans un coin, puis afin de rattraper ses erreurs fabrique deux pièces avec le matériel destiné à une seule ? RIEN DE PLUS.

Parions que le jugement ne sera pas le même : c'est l'employeur qui sera condamné si il s'avise de demander un remboursement quelconque.

Verdict imbécile ! démagogique ! Allez cher Trader !  va détrousser les petites vieilles :  tu te feras de la tune et risqueras moins de rencontrer comme compagnon de cellule les gendarmes qui ne font que leur métier !

 

Par L'OIE DECHAINEE
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Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 18:37

4997417595_68a61f790c.jpgLe fond de l'air est frais, les feuilles jaunissent, L'Oie va peut-être ...se remettre à à bloguer, en essayant de ne pas déblo...quer AH, AH, AH, !

Mais, revenons à nos moutons.

Sans aucun doute, dans votre entourage certains de vos amis agressés par une herbe prolifique, tirant rageusement sur le starter d'une tondeuse récalcitrante ont essuyé leur front dégoulinant et les deux mains sur les hanches le regard perdu sur la savane entourant leur pavillon ont déclaré :

     -   Ce n'est plus possible je vais acheter des moutons !

Peu d'entre eux mettent à exécution cette déclaration et ils ont raison ! je vais vous démontrer céans que ce remède est pire que le mal.

Les années précédentes, marmonant, mon voisin poussait sa tondeuse dernier cri, s'arrêtant devant moi à chaque passage pour me déclarer :

     -  Trois heures ! tu te rend compte, trois heures pour tondre ce foutu prè comme si je n'avais que celà à faire. Je vais acheter un mouton !

Air connu. ! A cette déclaration je souriais poliment et opinais du chef d'un air entendu persuadé que de ma vie je ne verrai  jamais ce pré colonisé par des moutons. Je me trompais lourdement.

Un soir, ( Je sais en principe les histoires commencent par un beau matin ) mais sachez ignorants que pour une bonne in tégration les moutons doivent déménager le soir. En fait de moutons il s'agissait d'agneaux accompagnés par une vieille brebis galeuses offerte par l'éleveur pour qu'ils se sentent moins seuls et ne révolutionnent  pas le lotissement par des bêlements désespérés.

Surprise ! le lendemain matin mon cher voisin arpente son terrain poussant sa tondeuse dernier cri  avec une energie décuplée, un sourire radieux aux lèvres il s'arrête devant moi à son premier passage et m'explique :

     -  L'herbe est trop haute, les moutons ne mangent que de l'herbe à peu près rase !

    Et c'est ainsi que nos moutons les jours suivants s'acquittent de leur tâche avec application. En gourmets ils commencent par bouffer deux jolis petits chênes. Averti mon voisin se dépêche sous une pluie battante de protéger ces arbres par du grillage.  Il ignorait comme moi d'ailleurs que ces bestioles se dressent sur leurs pattes de toute leur hauteur, allant jusqu'à prendre appui sur l'une de leurs congénères ; à charge de revanche. Puis nos tondeuses à pattes broutent les rosiers d'un autre voisin qui il est vrai dépassaient de la clôture,  tout comme mon buisson ardent qui s'était égalemment imprudemment étalé.

 Heureusement  un soleil implacable leur donne un petit coup de main et ratatine l'herbe qu'elles ont laissé préférant toutes ces jeunes pousses bien vertes.

Bousculant une clotûre elles arasent toute une haie de figuiers, dévorent à belles dents une treille et s'installent dans un cabanon désaffecté boudant celui construit avec peine et amour par leur nouveau propriétaire. 

Dans le programme de réhabilitation d'une tonte écolo il est prévu  de vendre l'une des tondeuses, la plus vieille bien entendu, à l'occasion du Ramadam.

     -  Elle est trop vieille  ! lui on déclaré ses acheteurs potentiels

     -  Alors prenez un agneau leur propose mon voisin

     -  Ils sont trop gros et ce sont des femelles, nous ne voulons que des mâles. Et ils s'en furent.

Aïe ! premier grain de sable il va falloir garder le troupeau plusieurs mois, le soleil à eu raison de la prairie et ces goinfres de brebis errent en bêlant allant jusqu'à se jeter sur un petit chien ........... en pâte à modeler que leur a tendu innocemment la petite fille que Mm. L'Oie garde.

Tel est pris qui croyait prendre ! Alors que dans les chaumières tout un chacun huile et range sa tondeuse mécanique mon infortuné voisin cherche de l'herbe... pour passer l'hiver. Il en trouve, un peu surpri du prix, mais moins que du poids des bottes crachées par ces machines modernes. L'herbe se vend aujourd'hui en rouleaux, ...de trois cents Kilos ! Fini le joli  petit boisseau du siècle dernier, et les granulés, complément insdispensable, par sac de cent kilos.

 

Et c'est ainsi que tous les jours, mon infortuné voisin porte une grande brassée de foin à ces feignasses de brebis !

 

Et c'est ainsi que mon infortuné voisin porte tous les jours un grand seau d'eau à ces ovins assoiffés !

 

Et c 'est ainsi que mon infortuné voisin porte tous les jours un seau de granulés à ces bonnes à rien ! 

 

Et c'est ainsi que contre toute attente ce sont elles qui lui bouffent la laine sur le dos !

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans : humour
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Mardi 8 juin 2010 2 08 /06 /Juin /2010 10:52

 

Il  pénètre dans ma chambre, le teint halé, le port haletier, escorté d'une assistante des plus avenante.

Celle-ci me gratifie d'un large sourire qui n'arrive pas à masquer un regard inquisiteur et gourmand identique à celui que l'on porterait à un jambon de Parme prêt à être découpé. Puis d'un air mutin tend à l'homme le scanner de ma ceinture abdominale. Leurs visages s'empreignent d'une gravité de circonstance. Face à la fenêtre l'homme contemple les différentes vues. Je jette un  regard vers la chose. : 

     - Tiens on dirait du gros galabard coupé en tranche.

 Apropos de galabard on n'en trouve plus dans le commerce. J'ai subitement envie de gros galabard, avec une pointe de moutarde. Il est vrai que depuis huit jours seuls un bol de soupe et une compote assurent ma subsistance, la faute à un caillou qui s'est fourvoyé dans le .... la....enfin là ou il ne devrait pas être.

L'homme se tourne vers moi et m'explique les conséquences de la promenade de mon hôte indésirable. Elles sont  terrifiantes. Ce petit machin de six millimètres cherche à me tuer, sadique il s'est placé juste là ou il lui suffit de progresser d'un millimètre pour accomplir son forfait.

Je reste confiant malgré ce diagnostic. La chirurgie est puissante. Une heure de sommeil sans rêve et ce squatter finira dans une pipette au travers de laquelle je pourrai lui cracher tout mon mépris.

L'homme se tourn e vers son assistante, décrit de son doigt plusieurs circonvolutions sur le gros galabar, ils se regardent d'un air entendu. L'homme se gratte le lobe arrière de l'oreille, s'assied sur le bord de ma couche, plante son regard dans mes yeux, l'expression est très lasse. L'assistante, au garde à vous hoche la tête, regarde le gros galabar, rectifie le bouton de son chemisier, geste inutile il est bien fermé :  j'avais déjà remarqué.

L'homme parle, hémoragie, infections, pancréatite, impossibilité d'atteindre le caillou : puis égrenne une série de statistiques sur le taux de mortalité, élevé, dans ce type d'intervention. Il se lève, me sourit, condescendant me rassure :

     -  Allez ! nous ne sommes pas en Amérique ici, je ne vous demanderai pas de me signer une décharge de responsabilité. Ah !  je souhaiterai voir votre épouse avant l'intervention.

La porte se referme, je me tourne vers mon voisin, il est tout pâle.

     - He bien mon vieux ! mais il est fou ce type, la vérité d'accord mais quant même.

Je ne répond pas et puise du courage en arpentant les couloirs de la clinique. L'effet est bénéfique, fataliste je vais attendre.

Le plafond du  couloir défile sous mes yeux. Le jour J est arrivé. Nous pénétrons dans le bloc. Une nuée de lutins tout de bleu vêtus s'agite. Au centre de la pièce une batterie impressionnante d'écrans de contrôles tapisse les murs, tout doucement  ronronne un  tube jetant des éclairs bleutés. Les petits lutins me hissent sur une table froide prêts à m'enfourner dans la machine.

Soudain la machine s'arrête de ronronner, les petits lutins bleus se figent, et avec la même célérité dont ils ont fait preuve pour m'installer  démontent tout me recouche dans mon lit baladeur.

L'un des lutins baisse son masque :

     - Nous sommes désolé il y a une urgence, nous libérons la salle pour une hémorragie de la délivrance !

Et le lutin me pousse  dans un coin entre une poubelle et un placard à balais.

Digne des séries américaines l'urgence arrive. Ils sont cinq autour de la parturiente, ils courent, un lutin blanc tient à bout de bras une série de flacons, un autre ajuste une poche de sang, un gros malabar arc bouté sur le chariot écrase d'une poigne puissante l'abdomen de la patiente. pour tous je n'existe plus.

La porte du bloc est bloquée par mon lit qui dépasse. en live j'entends le déroulement des opérations. Plus de précipitations, les commentaires sont précis, les ordres calmes, les paroles rassurantes destinées à convaincre la malade, consciente, de la banalité de la chose.

Voici une heure et demi que j'attends dans mon placard. 

L'homme arrive, renouvelle ses excuses pour le retard de l'intervention qu'il doit pratiquer, vous savez celui qui ne demande pas de décharge de responsabilité.

Nous entamons une discussion, le temps, la politique, les bleus, pas les lutins, les guignols qui tapent dans un ballon en essayant de ne pas le laisser rentrer dans une cage garnie de filets, ils y réussissent pas mal d'ailleurs, puis nous parlons télé. Je me désole de la pauvreté des programmes, de ces séries américaines, et pensant m'attribuer les bonnes grâces de mon interlocuteur je me répands en invectives sur la série Dr. Housse.

A ce moment tout s'éclaire, un immense réconfort m'envahit ! je vais survivre, j'en suis sûr ! la situation n'est pas aussi aléatoire :  l'homme est un fan du Dr. Housse, il n'en rate pas une série et admire le cynisme de son héros au point de s'identifier à lui. Transfert de personnalité dirait un psy. Serein après deux heures d'attente je retrouve avec bonheur mes petits lutins bleus, ma machine ronronnant du plaisir de me retrouver, et un chirurgien compétent et infaillible comme le Dr.Housse. La preuve ? L'Oie va continuer à sévir sur le Web, sans sa vésicule mais toujours avec son foie, ma foi. 

 

 


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Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 19:39

4348719772_e29d1818d8.jpg Marguerite avait 60 ans, 60 ans d'une vie bien remplie entièrement dévouée à sa famille.

Marguerite ne pensait qu'aux siens, à tel point que mercredi dernier, tellement occupée à satisfaire leurs moindres désirs elle en a oublié de respirer. Quant elle s'en est rendu compte c'était trop  tard. Elle a bien essayé de plaider sa cause là-haut, expliquant que c'était la première fois, St. Pierre fût intraitable. Il y a des choses dans la vie qui ne se font pas ! lui a t'il dit le sourcil fronçé, vous avez toute l'éternité pour y penser !

Dans la petite église du village parents et amis sont réunis autour du cercueil de Marguerite. Tout est en place. Les enfants de coeur la mine contrite, debouts devant l'autel attendent.

L'employé des pompes funèbres à pas feutrés, réprimant un toussotement de son poing délicatement posé sur sa bouche rectifie l'ordonnance des gerbes recouvrant le cataphalque.

Le silence est pesant, on attend Monsieur le Curé !

Les minutes passent, les enfants de coeur se poussent du coude, amusés par un fait connu d'eux seuls.

 

L'employé des pompes funèbres lassé de rectifier les gerbes de fleurs se tient raide les mains derrière le dos s'abimant dans la contemplatiion d'un point précis de la nef connu de lui seul.

Le silence pesant est rompu par le chuchotement de l'assistance, le raclement des pieds de chaises sur les dalles de pierre .

On attend Monsieur le Curé !

Soudain les premières notes du requiem de Fauré jaillissent de l'orgue centenaire sous l'impulsion des doigts et des pieds de Mademoiselle Morteface l'organiste. Les enfants de coeur rectifient leur position et se préparent à prendre place autour du Prêtre.

L'employé des pompes funèbres arrête sa contemplation et prend un air des plus grave.

Parents et amis s'ébrouent, tournent la tête vers la porte en chêne massif, eux aussi prêt à se lever dés l'apparition de l'officiant.

Une fois, deux fois, trois fois Mademoiselle Morteface reprend les premières mesures du requiem, les seules qu'elle connait, en principe celà suffit à donner le change,  aujourd'hui la situation lui demanderait de faire un récital car on attend toujours Monsieur le Curé.

La mèche en bataille, le col ouvert , Monsieur le Curé pousse la lourde porte de chêne, fait trois pas s'appuie sur le dossier du dernier banc, sourit béatement aux ouialles réunis et entame le regard fixe le menton bien droit, les mains le long de son corps, un périple des plus hésitant vers le coeur.

Ses efforts désespérés pour garder un semblant de tenue sont réduits à neant lors de la genuflexion. Perdant l'équilibre, dans un dernier sursaut il s'accroche à une gerbe et s'écroule une poignée d'immortelles à la main.

Le croque mort le relève, les parents de la défunte se précipitent ; surprise,   monsieur le Curé est complétement bourré.

Un HO! d'indignation monte de l'assistance, les enfants de coeur ne peuvent plus réprimer un énorme fou-rire qui se transforme en franche rigolade. Mademoiselle Morteface entame pour la énième fois les premières mesures de son air favori afin de conserver un semblant de recueillement à la cérémonie.

On prie monsieur le Curé de rentrer chez lui et de cuver, il refuse, le ton monte, manu militari l'employé des pompes funèbres tente de faire quitter l'église au Curé récalcitrant ; d'un coup de point magistral celui -ci met K O le pauvre croque mort ;  c'en est trop, un portable anonyme appelle la marée chaussée. Il était temps, la situation laissait apparâitre les prémices d'une bataille rangée.  

L'Archi Prêtre, responsable de cette cure assurera l'office expliquant que si les voies du Seigneur sont impénétrables il n'en est pas de même des vignes.

Marguerite, enfin, repose en paix dans sa dernière demeure.

Pourquoi cette histoire ? Parce que toutes ressemblances avec des faits ayant existé n'est pas fortuite.

 

 

 

 

 

 


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